RENTRÉE FORCÉE EN CLASSE DU LUNDI 16 AVRIL 2012 - LE SGPUM RÉAGIT AUX INJONCTIONS ET À LA JUDICIARISATION

15 avril 2012

Communiqué du SGPUM du 15 avril 2012.

À l’Université de Montréal, rien ne va plus en ce moment.

Les manifestations étudiantes se poursuivent dans de nombreuses unités alors même que la direction effectue des démarches judiciaires qui ont pour effet de contourner les décisions démocratiques des associations étudiantes. La direction demande aux professeurs de donner les cours ce lundi 16 avril 2012.

Depuis plusieurs jours le SGPUM est débordé d’appels au secours de professeurs, d’assemblées et de regroupements d’unités désorientés qui lui demandent d’interpréter les multiples consignes contradictoires reçues des membres de la direction. L’exécutif du SGPUM fait ici le point sur la situation et donne ses recommandations à ses membres.


La direction de l’Université de Montréal génère une crise de confiance sans précédent

Les deux demandes d’injonction de la direction de l’Université de Montréal contre ses propres étudiants et l’avalanche de consignes internes équivoques qui s’en sont suivies placent la communauté universitaire dans une situation intolérable. Les professeurs se trouvent pris en otage et contraints de choisir entre deux voies irréconciliables: d’une part, respecter les étudiants, leur demande de dialogue et leur droit d’obtenir des réponses; d’autre part, respecter des consignes visant à mettre au pas ces mêmes étudiants et à bafouer leurs droits protégés par les lois, notamment la Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants.

LE SGPUM dénonce avec vigueur l’effet que ces décisions de la direction ont actuellement sur toute la communauté universitaire, en particulier parce qu’elles placent les professeurs dans des conditions de réalisation de leur tâche qui sont anormales, pénibles, voire intenables.

La direction a pris le parti d’attiser les divisions, en particulier depuis l’injonction du 11 avril dernier assortie des consignes récentes qui reviennent à demander aux professeurs de mettre fin eux-mêmes à la grève des étudiants.

Cette situation est intolérable à plus d’un titre: hormis l’incongruité de la chose du point de vue de la liberté d’expression et du droit de manifester des étudiants, la relation de confiance professeur-étudiant est mise en péril. Notre mission consiste à transmettre, non seulement des savoirs académiques mais aussi et surtout à partager avec les étudiants une culture, notre culture commune. Qu’advient-il de tout cela si les professeurs sont instrumentalisés pour donner un ultimatum aux étudiants?

La gestion du conflit par la direction de l’Université de Montréal est hasardeuse, elle est irrespectueuse de nos traditions collégiales et démocratiques et elle mène à une grave crise de confiance au sein de l’institution.

Le SGPUM dénonce la judiciarisation de la situation par la direction de l'Université de Montréal. Ces décisions ont été prises à l’insu de l’Assemblée universitaire et de la Commission des études. Ces pratiques portent de graves atteintes au fonctionnement collégial et aux principes démocratiques et de saine gouvernance universitaire.

Le SGPUM déplore le fait que la direction de l'Université ait agit unilatéralement lorsqu’elle a émis ses consignes sans en avoir convenu avec le SGPUM.


Recommandations du SGPUM aux professeurs pour les activités académiques à compter du 16 avril 2012

1. Toutes les dispositions qui seront prises à l’égard de la reprise des activités académiques le seront en conformité avec notre convention collective.

2. Les consignes antérieures du SGPUM sont maintenues: en vertu d'obligations légales, les professeurs sont des employés tenus de se présenter au travail et d'assumer leurs activités d'enseignement jusqu’à la fin du trimestre d’hiver, le 30 avril.

3. Le SGPUM est par ailleurs en accord avec la consigne suivante de la direction : « Advenant le cas où le nombre d’étudiants en classe est nettement insuffisant, l’enseignant aura à évaluer la pertinence de donner son cours ». (Site umontreal, FAQ, en ligne le 15 avril 2012)

4. Le SGPUM réitère que les professeurs sont les seuls en mesure d'évaluer si les conditions pédagogiques sont réunies ou non dans une situation donnée. Ainsi, aucun professeur n’est tenu de donner cours à compter de demain le 16 avril 2012 si les conditions pédagogiques ne sont pas réunies (sécurité, climat, contexte, type d’enseignement, étape dans le plan de cours etc.).

Enfin, la situation évoluant de jour en jour, nous verrons à vous faire part sur notre site de nos recommandations au fur et à mesure que les évènements se présenteront.


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